Jacques d'Andurain - Mémoires

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 « Drôle  de mère » et le livre de ma mère :  « Le mari passeport »



Et « Commentaires après-guerre » D
epuis octobre 2007



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Présentation Introduction

Au début de l’an 2001 Bernard Pivot, recevant Jorge Semprun à « Bouillon de Culture » soulignait la raréfaction des témoins vivants de la guerre 39-45, et surtout la disparition des acteurs et victimes de la déportation, des prisons et des camps de concentration, ou des organisations de Résistance.

Et il ne restait plus personne, qui, ayant commencé la Résistance dès le début — 1940 — l’ait terminée, encore combattant, en août 1944.

Omission de sa documentation : quelques-uns, dont moi.

J’ai résisté depuis le 18 juin 1940 à Sablet (Vaucluse), soldat rampant de l’escadrille de reconnaissance de l’Armée des Alpes, et j’étais, carabine Remington en mains, en août 1944, sur la place du Vigan à Albi, où, écœuré, je vis les résistants de la dernière heure tondre les filles qui avaient couché avec les « Boches ».

L’omission est la mienne : je n’ai rien écrit.

Quelques mois auparavant, je téléphonais à Lucie Aubrac pour lui dire mon indignation devant les accusations du Testament de Barbie exhumées par Maître Vergès qui la désignait comme la dénonciatrice de Jean Moulin et de l’historique réunion de Caluire en juin 1943. Elle m’avait demandé comment j’expliquais l’attitude de Vergès : j’émis une supposition, et Lucie, avec sa véhémence habituelle me cria « Écris le ! Écris, écris ».

Écrire ? J’y songeais depuis longtemps, mais, plus sur ma mère, Marga d’Andurain que sur moi ; ma mère qui la dernière soirée où je la vis à Tanger, avant son assassinat sur son yacht le « Djeilan », m’avait demandé :

- Que feras-tu après ma mort ?
- J’écrirai votre histoire… mais… la vérité.

C’était en 1948.

Je voudrais d’abord répondre à quelques notes me concernant parues dans divers livres sur la Résistance, avec l’impression d’être comme un ramasseur de balles de tennis qui se raconterait en disant, avec quelque prétention : c’est moi qui ai donné à Yannick Noah sa balle de match le jour de sa victoire à Roland Garros.

Pour parler de Résistance un préambule s’impose, il est d’Henri Jeanson dans « Le Canard Enchaîne » du 30 avril 1947 :

Un pur trouve toujours un plus pur qui l’épure.

Parce que l’oubli n’est pas si total que ça, même aujourd’hui. Mais aussi et surtout parce que le récit qui en est donné, encore aujourd’hui, comme déjà hier, est plein d’inexactitudes ; alors, bien que pas le moins du monde historien, je veux écrire une illustration de la fragilité du témoignage, écrit et publié du vivant des témoins eux-mêmes.

Mon témoignage.

Drôle de Mère Drôle de Mère : Avant-Propos

« Une personnalité au destin fulgurant. »

Après avoir lu l’excellent mémoire de ma fille, Julie, sur sa grand-mère, Mémoire pour l’obtention du diplôme de Maîtrise d’histoire, en 1996 :

Marga d’Andurain (1893-1948) Une Occidentale d’avant-garde en Orient

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Drôle de Mère 1 - Prie pour ta mère

Je descendais en courant en libres zigzags la côte rocailleuse qui mène du petit séminaire, perché sur sa colline, au village d’Ustaritz, étendu sur les bords de la Nive. Pour la première fois je circulais seul sur ce chemin ; d’habitude nous y commencions ou terminions bien sagement notre promenade, en rangs, trois par trois, flanqués de nos professeurs. Aujourd’hui j’étais émerveillé de ma liberté. Le temps était radieux, et ce congé en pleine année scolaire ne m’étonnait pas ; pourtant ma grand mère me rappelait d’urgence à Bayonne ; élevé par elle depuis l’âge de cinq ans, elle était pour moi l’autorité, la source de toutes les lois, aussi bien d’ailleurs que pour tout son entourage. On ne discutait jamais ses décisions.

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Drôle de Mère 2 - Les tables tournantes

Trois ou quatre lustres plus tôt, sur la plage de Biarritz deux petites jeunes filles, Marga et sa cousine Colette, pensaient à leur avenir, comme leurs mères, dont c’était, semble-t-il la fonction essentielle : mener ces enfants au mariage. Le mariage réglait tous les problèmes, et pour la vie. Mais quel mari ? Où le dénicher ? Réunions, bals, mondanités en tous genres, Colette et Marga voulaient sortir des incertitudes, elles voulaient du sûr.

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Drôle de Mère 3 - Le régime dotal

Mes premières connaissances juridiques portaient ce nom bizarre de « régime dotal ». C’était un système pour donner une dot à sa fille, sans que le mari pût la dilapider. Les tourtereaux pourront certes convoler mais ils ne pourront toucher que la rente de la dot constituée de ces célèbres valeurs de père de famille, offrant de 3 à 5 %, dans lesquelles les inoubliables emprunts russes occupaient une place de choix.

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Drôle de Mère 4 - Un brevet de fausses perles

Comme après toute guerre, les héros sont fatigués, mon père en particulier, face au problème du travail. Des cousins lui offrent des fonctions rémunérées certes, n’exigeant aucune compétence, heureusement, mais astreignantes, et par là même, presque déshonorantes. On lui trouve une situation que ma grand-mère m’a soigneusement appris à réciter : Inspecteur de la circulation diurne et nocturne, sur le P.L.M. (devenu de nos jours SNCF) Si j’ai bien compris il doit voyager quand bon lui semble, en 1re classe, et raconter si les appuis têtes sont propres, les employés polis, les W.C. fréquentables.

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Drôle de Mère 5 - Une authentique vicomtesse

« Une authentique vicomtesse » (Les journaux fin 1946)

« La noblesse !… Cette propriété mystique de la liqueur séminale. » (Paul Valéry)

« La plus belle pièce d’eau était, à Versailles, la cascade des mépris. » (Daninos)

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Drôle de Mère 6 - Le duc d’Orléans

LE DUC D’ORLÉANS
« Héritier des quarante rois qui en mille ans firent la France… »
(L’Action Française)

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Drôle de Mère 7 - Palmyre au xxe siècle

Les affaires de Mary Stuart sont florissantes, en croissance exponentielle. Bibelots, meubles laqués, grande verrerie coloriée, toutes sortes d’inutilités sont offertes à la frénésie de gaspillage de la riche clientèle féminine du Caire. Pierre et Marga sont chez eux au Sporting Club, davantage elle que lui. Il commence à s’ennuyer. À la maison il trône, inoccupé, derrière une belle table bureau sur laquelle il doit établir la note de ces dames, qu’un domestique leur remet sur un petit plateau d’argent. Il juge humiliant d’être assis derrière un tiroir-caisse ; il procède pourtant à la même opération, mais sous l’œil du seul domestique, caché par les bouquets et les vases qui encombrent sa table. Il note les rendez-vous, les commandes, sans jamais de contact direct avec la clientèle ; son souci de créer un protocole de remise d’argent qui lui permette d’en apparaître tout à fait à l’écart tient de la manie ; et lui permet de travailler le baisemain sélectif en quelque sorte hiérarchisé. De même au Sporting Club il n’est que le mari de l’invitée permanente, de la jeune femme, brune, vive, la trentaine éclatante qui connaît tout le monde et que tout le monde accroche. En un mot il souffre de la monotonie de la réussite, et de ses contraintes calculées.

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Drôle de Mère 8 - Œil de bidet

De son séjour parisien le cheikh Abdallah avait gardé la notion des clivages sociaux des dirigeants de la toute nouvelle Troisième République ; un vicomte qui rencontre un cheikh, lui raconte des histoires de cavaliers c’était d’autant plus facile que le fils aîné de cheikh Abdallah, Hamid, avait longtemps séjourné en Argentine et parlait aussi bien l’espagnol que mes parents ; le cavalier dont on parlait était donc un gaucho, ce porte-étendard de l’honneur et de l’aventure sud américains. Les rêves de troupeaux, la transhumance dans le grand désert arabe plaisait à ces nomades à peine sédentarisés ; ils aideraient mes parents. Marga commençait à se prendre au jeu de cette nouvelle vie dans un univers imprévu.

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Drôle de Mère 9 - L’hôtel Zénobie de Palmyre

Tout était réglé quand Marga revint à Palmyre, mais elle n’en savait encore rien. La traversée du désert n’avait pas calmé son indignation en pleine ébullition. Elle allait retrouver à Palmyre l’ignoble œil de bidet. Qui était-ce ? Qui était le deuxième bureau ? Qui était l’expéditeur des odieux rapports ?

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Drôle de Mère 10 - Le procès-verbal

Les travaux élémentaires de remise en ordre de l’hôtel se terminaient. La vaisselle venait de Paris, de la collection Primavera de l’année ; c’était pratique pour remplacer verres ou assiettes cassés…

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Drôle de Mère 11 - Les pavés de Palmyre

La civilisation gagnait le désert. On ne circulait plus seulement à pied, à cheval ou à dos de chameau ; l’automobile pétaradait timidement dans les ruines de Palmyre ; entre le sable et les cahots de pierres provenant des divers monuments brisés, la circulation était constamment difficile ; or l’armée voulait faire rouler les A.M.L.D. (Auto Mitrailleuses Légères du Désert) et l’aviation recevait des camions d’équipement.

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Drôle de Mère 12 - La reine de Roumanie

Pour la garnison de Palmyre c’était l’événement : la reine de Roumanie était attendue en fin d’après midi. La réception serait officielle. La guerre prévisible à brève échéance, en Europe, poussait nos gouvernants à renforcer les amitiés en Europe Centrale. L’État-major avait désigné un général pour servir d’aide de camp à notre éminente invitée ; il devait lui assurer partout honneurs, services, au besoin protection.

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Quid ?

Rapport entre mère et fils dans la guerre 39-45, espionnage et résistance.


Relationship between mother and son during the 1939-45 war, espionage and resistance.




Table des matières

Langues

  • fr
  • en
  • Catégories

    Présentation 
    Drôle de Mère 
    Étudiants pour le Maréchal 
    Évasion de Pierre Hervé 
    Le 6,35 de Marga D’Andurain 
    La Bande à René 
    Divers infos

    IDDN Certification

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